Tunisie, un Etat sans gouvernement ni budget ni Constitution

tunisie-femmeLa Tunisie est en panne en raison du fait que l’État n’est pas véritablement restauré et ses structures complètement rétablies. L’anarchie persiste un peu partout, et plus particulièrement, à l’hémicycle de l’Assemblée nationale constituante. Hier encore, la majorité des élus de l’opposition se sont retirés de la séance plénière pour protester contre le fait qu’elle soit consacrée à la loi de finances alors que le Dialogue national avait décidé, la veille, de consulter le chef du gouvernement actuel, le futur chef du gouvernement et le président de l’ANC pour reporter l’adoption de la loi de finances afin de se concentrer sur l’achèvement de la nouvelle Constitution, une décision qui devait être prise hier.  Cette décision a été prise car tous les partis politiques, tous les syndicats, tous les patronats et tous les experts économiques et financiers tunisiens et étrangers s’accordent à dire que cette loi de finances est “catastrophique”, a expliqué M. Ksila, soulignant que les députés sont bien conscients de la gravité de laisser un pays sans budget et ses répercussions sur les finances publiques. Pour sa part, le secrétaire général de l’Alliance démocratique, Mohamed Hamdi, a réclamé au démarrage de la séance un point d’ordre pour s’interroger sur les raisons d’avoir convoqué une plénière concernant la loi de finances alors que les discussions à ce sujet sont toujours en cours.
Il a appelé, dans ce contexte, à ce que les engagements pris lors du Dialogue national soient respectés. Lors du démarrage de la plénière, Mohamed Hamdi a annoncé que la manière de procéder est erronée, suite à l’annulation de la réunion des présidents des blocs à l’ANC.
Présent à l’hémicycle pour présenter le projet de loi de finances proposé par son gouvernement, le chef du gouvernement Ali Laârayedh a souligné que le report de l’adoption de la loi de finances aurait de graves conséquences. Pour lui, cette entorse juridique sans précédent peut entraver les intérêts du pays. “Nous ne trouvons aucun intérêt au report de l’examen du budget de l’État, bien au contraire cela représenterait une aventure hasardeuse”, conclut-il. Au chapitre du Dialogue national, les représentants du parti tunisien au pouvoir, Ennahdha, ainsi que des membres des mouvements de l’opposition ont convenu de la date limite d’adoption de la nouvelle Constitution. La date butoir a été fixée au 14 janvier 2014.
Date qui concorde avec la fuite de l’ex-président Ben Ali. D’ici là, les autorités et l’opposition devront convenir de la composition du futur gouvernement intérimaire sous la houlette du nouveau Premier ministre Mehdi Jomaâ, désigné la semaine dernière. Après l’entrée en vigueur de la Constitution, une date des élections présidentielle et législatives sera fixée. Ensuite, le gouvernement actuel démissionnera et le cabinet ministériel par intérim assurera le contrôle du pays pour une période de 6 mois. Les autorités tunisiennes espèrent, toutefois, que la nouvelle Constitution et les élections vont pouvoir mettre fin à la longue crise politique que traverse le pays depuis la chute de Zine El-Abidine Ben Ali.

Par : Imed O

Source: Liberte Algerie

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