Théâtre: Eugene Ionesco adaptée en Tamazight

amazigh Eugene IonescoUne pièce théâtrale intitulée « Tarwi Tebarwi » vient d’être mise en scène par Ahmed Khoudi, enseignant à l’ISMAS (Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel et  des Arts du Spectacle) de Bordj El Kiffan. Il s’agit d’une œuvre adaptée en Tamazight de la pièce Délire à deux  d’Eugene Ionesco. Elle a été traduite par  Nacer Mouhaouche, un jeune diplômé de l’ISMAS. Cette production a été présentée au Théâtre national d’Alger, à Tizi Ouzou et au festival national du théâtre amazigh de Batna où elle s’est distinguée de fort belle manière.

Le public s’est régalé avec la bonne prestation des comédiens qui ont  étalé tout leur talent afin d’accrocher l’assistance. L’histoire de la pièce est caractérisée de tumultes incessants.

Elle met, en effet, en exergue un  conflit interminable dans un couple qui vit dans des conditions sociales intenables. Les deux personnes se chamaillent continuellement sur des futilités alors qu’à l’extérieur de leur maison, l’on entend souvent un climat de guerre et de terreur. Des scènes tragiques qui ont  menacé la quiétude du couple qui essayent souvent de quitter leur demeure mais sans y parvenir.

Et pour cause, toutes les voies de sorties sont obstruées par les débris provoqués par les bombardements incessants. Le couple est ainsi contraint de rester confiné chez lui jusqu’à ce que sa maison commence à tomber en lambeaux.

Des lors, des hommes armés font irruption à l’intérieur de la maison du couple qui a vécu des moments d’angoisse et de frayeur.  La pièce est, en somme, un mélange de scènes comiques et tragiques qui reflètent amplement des situations réelles de l’humanité.

Ahmed Khoudi explique que le contenu de cette œuvre theatrale peut s’appliquer sur plusieurs situations de guerre et de conflit. « On peut penser quand on voit la pièce à la période de terrorisme qu’a vécu l’Algérie durant les années 1990. On peut imaginer aussi  la  Syrie, l’Irak et d’autres pays où  des citoyens innocents appréhendent toujours une fin tragique», souligne le metteur en scène de cette pièce réalisée par le Théâtre national d’Alger.

« Eugene Ionesco nous livre une réflexion profonde  et déchirante sur la nature humaine. Il  extrapole  et met en scène  l’étrangeté des rapports humains et leur complexité », ajoute Ahmed Khoudi qui a, pour rappel, réalisé une vingtaine de mises en scène d’œuvre théâtrales. En 2011, il a décroché, entre autres, le prix de la mise en scène au festival national du théâtre amazigh avec la pièce « Am win yetsrajun rebbi ». 

Hafid Azzouzi

Source : El Watan

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