Oiseau bleu en Kabylie

Oiseau bleuDans le cadre de la commémoration du 58e anniversaire de l’opération “Oiseau bleu”, la section UNJA de Tizi Ouzou a organisé, jeudi dernier, à la Maison de la culture de Tizi Ouzou, tout un programme d’activités qui retrace l’histoire de cette opération coloniale déjouée en 1955 par le FLN.

À cette occasion, il a été projeté le fameux film intitulé Oiseau bleu, l’histoire secrète d’une guerre, réalisé par la jeune cinéaste algérienne Razika Mokrani. Cette opération, intitulée aussi “Force K”, mais plus connue sous le nom de “Oiseau bleu”,  fut tentée, à l’automne 1955 dans les maquis de Kabylie, dans le secret le plus total par les services secrets français (SDECE) et le gouvernement général d’Algérie dirigé à l’époque par Jacques Soustelle. Elle consistait en la création d’un contre-maquis clandestin destiné à infiltrer et briser donc le FLN en l’intoxicant de l’intérieur. “Les services secrets français avaient donc recruté des hommes armés jusqu’aux dents et chichement payés pour infester les maquis de Kabylie et tenter d’imploser les rangs de l’ALN, mais un tel piège a été évité intelligemment par le FLN”, a indiqué la réalisatrice. “Et pour cause, ce complot satanique a finalement tourné à l’avantage du FLN, car le colonel Krim Belkacem avait été informé de cette opération et les hommes qui furent recrutés et armés par les services français ont été choisis dans les rangs nationalistes pour rejoindre finalement la rébellion et grossir ainsi les rangs des moudjahidine tout acquis à la révolution algérienne”, a ajouté la réalisatrice de ce documentaire de 52 minutes, qui a précisé, en présence d’une nombreuse assistance, que “ce film documentaire retrace l’histoire de cette fameuse opération dénommée ‘‘Oiseau bleu’’ ou ‘‘Force K’’ où de nombreux moudjahidine et acteurs encore vivants de la guerre de Libération nationale, mais aussi des historiens, des sociologues et des ethnologues nous livrent leurs témoignages et leurs analyses, le plus souvent marqués par des rebondissements, le tout appuyé de documents inédits et d’archives historiques de l’armée française”. Dans ce film documentaire, Razika Mokrani donnera la parole, du côté français, à l’historien Benjamin Stora, l’ethnologue Camille Lacoste-Dujardin, le  sociologue André Micheal, le général Maurice Faivre et l’officier Marc Delporte Fontaine. Du côté algérien, on a eu droit à des témoignages forts émouvants de moudjahidine de la première heure tels que Djoudi Atoumi et le moudjahid et sociologue Chikini Mohand Saïd. Intervenant lors de cette rencontre, Si Ouali Aït Ahmed, moudjahid, ancien secrétaire du PC de l’ex-Wilaya historique du FLN dirigé par le colonel Amirouche, s’étalera, entre autres, sur cette opération machiavélique du colonisateur français qui aurait pu torpiller les rangs de l’ALN dans les maquis de Kabylie sans la réaction héroïque des chefs de l’ALN, notamment Krim Belkacem, comme il évoquera également quatre points essentiels qui, selon lui, ont contribué à la libération de l’Algérie de la domination française, notamment la prise de conscience chez la population colonisée, le renforcement de l’unité nationale, la dimension politique de la révolution et l’esprit du sacrifice conforté par le Congrès de la Soummam, initié par le regretté Abane Ramdane.

Par : Kouceila Tighilt

Source: Liberte Algerie

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