Kidnappings à Tizi Ouzou

kidnapping-afrique-nord-maghrebApparu au milieu des années 2000, le kidnapping a déjà fait plus de 80 victimes en Kabylie, notamment dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Le chiffre n’est pas exhaustif, mais il fait froid dans le dos. Avec ce chiffre, la wilaya de Tizi Ouzou est classée à la première place quant aux rapts à l’échelle nationale. Depuis 2005, hommes d’affaires, industriels, entrepreneurs, commerçants et dans les meilleurs des cas, des membres de leur famille, sont la cible privilégiée de groupes spécialisés dans les enlèvements. Ces rapts sont généralement suivis de fortes rançons.

Dès lors que “l’activité” est devenue lucrative, rares sont les familles qui n’ont pas payé des sommes colossales pour extirper les otages des griffes de leurs ravisseurs. On recense quelques cas de kidnappings qui n’ont pas trouvé d’issue favorable. Les victimes étant assassinées. C’est le cas du jeune Aghilès Hadjou d’Azeffoun, âgé de 19, qui a été retrouvé égorgé et son corps enveloppé dans un sac. Qui sont les auteurs de ces rapts ? Bandits des grands chemins ou activistes islamistes, toute cette faune de criminels trouve son compte dans une industrie qui rapporte, apparemment gros, du fait que rares sont les cas d’enlèvement élucidés depuis des années.

On en recense plus d’une vingtaine pour la seule région de Maâtkas, connue pour être infestée de groupes terroristes islamistes et de criminels de tout genre. En 2008 déjà, l’ancien ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, avait fait état de versements de six milliards de dinars aux ravisseurs. Une somme exorbitante qui prouve que l’industrie du rapt rapporte aux ravisseurs. L’on a remarqué que durant le rapt, les familles des victimes préfèrent ne pas communiquer sur le sujet. Elles sont réduites à suivre les consignes et les ordres des ravisseurs. Selon des témoignages non publiés, les ravisseurs mettent les familles devant un choix : payer pour revoir l’otage vivant ou refuser de payer et, dans ce cas de figure, elles doivent “s’attendre au pire”.

Ces mêmes familles, prises par l’angoisse des négociations, finissent toujours par accepter les propositions des ravisseurs. Confrontées à un choix difficile, elles préfèrent mener l’opération en solo. Ainsi, elles évitent de prendre attache avec les services de sécurité pour ne pas mettre la vie de l’otage en danger. Les libérations sont généralement suivies de silence, tant est que le rapt est tabou et surtout que le risque de représailles hante les esprits des familles. Cette situation n’est pas sans effet sur l’activité économique et industrielle dans la région. Ainsi, plus de 70 opérateurs économiques activant en Kabylie ont préféré délocaliser ces dernières années leurs activités vers d’autres wilayas, afin de se mettre à l’abri des rapts.

L’ampleur prise par ce fléau ravageur a fait que ce sont les citoyens qui prennent en charge les affaires liées aux kidnappings. Ainsi, depuis quelques années, des marches et des grèves générales sont observés afin de dénoncer ces actes criminels et mettre la pression sur les ravisseurs pour libérer les otages.

Par : Mohamed Mouloudj

Source: Liberte Algerie

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