Festival de la musique Chaouie de Khenchela

Khenchela“Entre modernité et authenticité” fut le slogan de la 7e édition de ce festival, qui a eu lieu du 20 au 25 juin dernier à Khenchela.

La 7e édition du Festival culturel local de la musique et chanson chaouie, qui s’est tenue à Khenchela du 20 au 25 juin dernier sous le thème “Chanson chaouie, entre authenticité et modernité”, a le double mérite d’avoir donné la parole à des spécialistes, enseignants et musiciens, pour discuter et débattre de la réalité et du devenir de la chanson chaouie, mais aussi d’offrir une scène où ont pu se produire des artistes et troupes aussi bien modernes que traditionnels, venus de différentes régions des Aurès, et dont certains se sont produits pour la première fois dans cette manifestation culturelle. Le thème choisi pour cette 7e édition semble être d’une grande pertinence au vu des nombreuses questions posées aussi bien par les connaisseurs et les praticiens de ce genre musical que par les mélomanes et adeptes de la chanson chaouie. D’ailleurs, les organisateurs de ce rendez-vous avaient pris en considération les appréhensions qui pourraient être formulées par certains, et ce, en élaborant les axes de ce festival et les objectifs de cette rencontre. Dans le souci de garder un œil sur le maintien et la sauvegarde de l’authenticité de ce genre musical millénaire, les recommandations ont notamment porté sur le lancement d’études par des spécialistes (musiciens, professeurs, musicologues), en s’appuyant sur ce qui a été déjà fait, mais aussi aller de l’avant pour élaborer de nouvelles recherches. Les participants à ce festival, notamment les universitaires, ont mis l’accent sur la nécessité de répertorier le vaste registre du chant chaoui et demander son classement comme patrimoine immatériel, mais aussi et surtout encourager l’écriture de nouveaux textes poétiques qui sont la véritable source pour la chanson chaouie qui ne se renouvelle pas assez. Sous l’intitulé “La chanson chaouie de Aïssa El-Djarmouni au groupe les Berbères”, la conférence du professeur Miloud Bendaâs, de l’université d’Oum El-Bouaghi, avait porté sur la réussite du chantre de la chanson chaouie, Aïssa El-Djarmouni, et Djamel Sabri dit Djo, leader du groupe les Berbères, dans deux époques différentes, à mettre au-devant de la scène nationale le chant auressien.
En effet, le chant auressien a conservé son authenticité dans le cas des Berbères, et a été propulsé sur la scène mondiale, notamment grâce à la prestation de Aïssa El-Djarmouni à l’Olympia de Paris. Le conférencier a, en outre, attiré l’attention des présents sur le fait que les deux artistes soient originaires de la même région, séparés de quelques kilomètres. Abordant le thème du patrimoine immatériel et les procédures pour son classement, le professeur Houcine Rahoui avait présenté une conférence que les présents peu nombreux ont suivie avec beaucoup d’intérêt. Le thème abordé était “Le patrimoine musical chaoui entre mémoire vivante et nouvelles formes de prise en charge”. Dans sa contribution, l’universitaire a indiqué l’intérêt que revêt la chanson chaouie en particulier et le patrimoine oral d’une manière générale qu’il soit berbérophone ou pas. Pour lui, “les festivals et manifestations périodiques, bien qu’ils contribuent grandement au maintien en vie de ce genre musical, ne suffisent pas à eux seuls à le contenir dans toute sa diversité ou à contribuer à son plein épanouissement”. Si la scène où se produisent les artistes est toujours plus ou moins pleine, les présents ont fait remarquer avec regret que la salle où se déroulent les conférences est presque vide. Or, c’est lors des rendez-vous scientifiques que se décide d’une certaine manière l’avenir de ce patrimoine qu’on souhaite protéger. Tour à tour, les intervenants ont évoqué les raisons et causes qui font que la chanson chaouie ne bénéficie pas de moyens ni d’une prise en charge pour sa mise en valeur et son classement, à l’instar de l’ahellil ou de l’imzad. Comment faire contribuer les différents établissements artistiques, à l’exemple de l’Institut régional de la formation musicale de Batna, ou encore la procédure à suivre pour déposer un dossier et demander le classement du chant des Rahaba (troupe de chant qui existe à travers les Aurès en étant différent et particulier d’une région à une autre) sont, entre autres, questions formulées lors de ces rencontres. Au vu de l’importance du patrimoine oral, les présents ont estimé qu’une rencontre exclusivement consacrée aux Rahaba, troupes traditionnelles auressiennes, doit voir le jour en urgence, car ce genre de chant, danse et poésie subit moult menaces, dont le plagiat, l’introduction dangereuse d’instruments intrus par rapport au genre qui le dénature et lui fait perdre son authenticité.

Par : Rachid Hamatou

Source: Liberte Algerie

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