Entretien avec Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, chargé des relations extérieures et des pourparlers inclusifs de la Coordination des Peuples de l’Azawad

Mohamed Ousmane Ag MohamedouneDans cet entretien Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, chargé des relations extérieures et des pourparlers inclusifs de la Coordination des Peuples de l’Azawad   évoque le dialogue intermalien et ses perspectives.

El Moudjahid : La Coordination des Peuples de l’Azawad (CPA) avec l’ensemble des Mouvements politico-militaires du Nord a signé avec le gouvernement malien,  deux documents portant feuille de route et la déclaration de  cessation des hostilités. Considérez-vous que c’est là un pas important qui vient d’être fait en vue du règlement définitif de la crise malienne ?
Mohamed Ousmane  Ag Mohamedoune : Il est clair pour nous aujourd’hui que les résultats auxquels nous avons abouti jeudi à Alger, sont une avancée significative dans le processus de paix inclusif dans le cadre de la gestion de la crise malienne. La feuille de route signée ainsi que la déclaration de cessation des hostilités constituent, si l’on peut le dire ainsi, la levée des obstacles aux négociations, car ils sont les éléments déterminants qui montrent que l’on peut aller directement aux négociations sans difficulté, sans barrières en ce sens, que les dates sont pratiquement fixées. Le 17 aout déjà, le rendez-vous est donné pour démarrer les négociations sur les questions de fond qui sont, notamment les aspects institutionnel et politique, sécuritaire et défense, socioculturel, économique et développement et aussi la justice et la réconciliation. Concernant la cessation des hostilités, c’est en même temps une déclaration de cessez-le-feu mais aussi une intention d’aller  vraiment vers une cessation totale des hostilités. Mais cela sera effectif sur la base des résultats des travaux qu’une commission conjointe sous l’égide de la Minusma va entamer à partir du 30 juillet. Cette commission conjointe va être certainement constituée de toutes les parties prenantes, notamment les mouvements armés. Elle va définir les différents arrangements sécuritaires sur le terrain qui vont rendre effectif cette cessation des hostilités. Il y a des petits points sur lesquels il va falloir que les gens s’entendent sur le terrain.
Ces divergences sont elles à même de constituer un obstacle à l’avancée des négociations ?
Je ne le pense pas dans la mesure où nous avons senti une volonté et que l’ensemble des acteurs étaient ouverts à ne pas faire obstacle à tout ce qui peut faciliter la cessation des hostilités. De plus ce ne sont pas des choses importantes qui constituent les divergences. Je vous donne un exemple, aujourd’hui la région dans laquelle se déroulent les combats, 80% de ceux qui les mènent appartiennent à cette région. Une des conditions de cessation des hostilités est qu’on ne leur demande pas de se replier par rapport à leurs positions, car là bas, c’est chez eux. Et si on les laisse chez eux, ils peuvent cesser les hostilités et il y a beaucoup de chance que le feu ne s’allume plus. Dans cette disposition on peut avancer facilement vers les pré cantonnements, ainsi que les autres aspects comme les patrouilles mixtes prévues pour sécuriser le territoire et ramener la confiance au sein des populations.
Qu’est ce qui a fait que cette fois ci on avance positivement dans les négociations ?
Je crois que ce qui a permis cela, c’est la détermination de l’ensemble des parties prenantes, les belligérants comme la médiation, à aller de l’avant, doucement mais aller de l’avant. C’est également la volonté de la communauté internationale qui avait la responsabilité de ce dossier à sortir de l’impasse et ce depuis plus d’un an et demi, date de la signature de l’accord de Ouagadougou qui était le point de départ du règlement de ce conflit.
Au niveau des belligérants justement, il y a eu au lancement de la phase initiale du dialogue quelques divergences sur, notamment le statut des uns et des autres. Sont-elles définitivement aplanies ?
Je pense que ce n’est pas une obligation que les gens s’entendent là-dessus. Aujourd’hui, le dialogue est inclusif. Nous avons déjà des accords antérieurs qui malgré le fait que leur contenu n’est pas aussi mauvais, n’ont pas permis la paix. Nous tirons les leçons du passé et nous pensons que c’est parce que tout simplement l’ensemble de la population de l’Azawad n’a pas été impliquée dans le processus de ce dossier tant au niveau des négociations que les accords que cela n’a pas marché. Cette fois ci, depuis l’accord de Ouagadougou, il est clair que le dialogue sera inclusif. Une place importante sera donnée aux mouvements armés. Il n’y a pas de différences entre ceux qui sont dans la dynamique de la guerre contre le Mali mais aussi ceux qui sont dans la dynamique de l’autodéfense et de la résistance. Toutes ces parties seront parties prenantes et à égalité dans le processus de paix en vue de définir ensemble et d’un commun accord les statuts qui permettraient désormais à cette région de se stabiliser et ce créer l’ensemble des conditions nécessaires à son développement.
Qu’en est-il de la revendication de séparation ou d’autonomie de l’Azawad ?
L’un des principes fondamentaux sur lesquels nos avons harmonisé nos vues, c’est que l’intégrité territoriale n’est plus en danger. Il n’est pas question de séparation,  il n’est pas question d’indépendance. Mais tout ce qui n’est pas cela est négociable et discutable. Ne perdons pas trop de temps, et n’accordons pas trop d’importance aux concepts, autonomie, fédération, décentralisation poussée. Ce qui est important pour nous c’est le contenu en termes de gouvernance économique, sécuritaire, culturel et aussi en termes de justice et de réconciliation et de paix. C’est vraiment le contenu qui est important pour nous. C’est les experts qui vont le définir. Maintenant s’il y a une autonomie, une fédération… Mais pour nous la paix n’a pas de prix en ce sens, l’essentiel est de sauver le Mali et sauvegarder son indivisibilité. Lire la suite sur elmoudjahid.com

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