Consultations politiques : Tamazight fait consensus

algerie-amazighDe tous les thèmes exposés devant Ahmed Ouyahia lors des «consultations» sur la révision de la Constitution, l’officialisation de tamazight constitue, paradoxalement, un des points qui font plus consensus dans la classe politique nationale.

A l’exception des partis islamistes et de certains conservateurs, cette revendication, qui fut jadis l’apanage des militants berbéristes, n’est plus désormais taboue. A la surprise générale, ce sont les partis du pouvoir qui portent désormais une revendication vieille de plusieurs décennies. Le FLN, que dirige pour le moment Amar Saadani, fait de l’officialisation de tamazight une des propositions phare pour la révision de la Constitution. Ce geste, venu essentiellement de la base militante de ce parti, est pourtant nouveau. Du temps de Abdelaziz Belkhadem, ce parti du pouvoir était contre l’officialisation d’une langue qui risquait de «porter atteinte à l’unité du pays».

Autre parti, autre surprise : lTajamouaâ Amal Jazaïr (TAJ) de Amar Ghoul a fait de l’officialisation de tamazight une de ses propositions phare lors de la rencontre avec Ahmed Ouyahia. Pourtant, le chef de ce parti, également ministre des Transports, avait provoqué une polémique durant la célébration de Yennayer en indiquant que c’est une fête «païenne». L’ancien dirigeant du MSP a révisé son discours depuis. Mais le mal est «fait»…

Autre parti du pouvoir à avoir inscrit tamazight parmi ses revendications est le Mouvement populaire algérien (MPA). Mais contrairement aux deux autres formations, Amara Benyounès dispose d’un passé de militant pour la cause berbère. Sa revendication, au même titre d’ailleurs que l’égalité homme-femme, fait partie de l’identité politique de l’homme, qui est passé de l’opposition au pouvoir. De son côté, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, a de tout temps porté cette revendication qu’elle a réitérée devant le chef de cabinet de la présidence de la République.

Ces revendications des partis du pouvoir contrastent pourtant avec la position des responsables gouvernementaux. Si la position d’Ahmed Ouyahia – premier haut responsable de l’Etat à s’exprimer en tamazight à l’APN – est nuancée, celle de Abdelmalek Sellal est tranchée : le Premier ministre est complètement contre l’officialisation de tamazight. «Nous allons donner à cette langue les moyens de parvenir à une langue moderne», a-t-il argumenté. Une position qui rejoint celle de Abdelaziz Bouteflika qui avait lancé son «jamais» à Tizi Ouzou en 1999.

«Jamais tamazight ne sera langue officielle. Et elle ne sera langue nationale que par voie référendaire», avait-il déclaré. Trois ans plus tard, le 2 mars 2002, pourtant, Abdelaziz Bouteflika avait constitutionnalisé «tamazight également langue nationale» par voie parlementaire. L’histoire retiendra que les partis de l’opposition, notamment le RCD et le FFS, avaient boycotté cette session historique. Osera-t-il cette fois ?

Ali Boukhlef

Source: El Watan

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