Colloque international sur massinissa «Constantine a son substrat amazigh»

Colloque international sur massinissa «Constantine a son substrat amazigh»Constantine accueille pendant trois jours le premier colloque international intitulé «Massinissa : au cœur de la consécration d’un premier Etat numide», organisé par le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) l  Le HCA compte instaurer l’apprentissage de la langue amazighe dans les écoles de Constantine.

L’histoire de l’Algérie contemporaine indique que Constantine n’a pas été une scène pour les revendications berbères, telle que Begayet, Tizi Ouzou ou encore Bouira et Boumerdès. Et pourtant, la troisième ville de l’Algérie accueille, les 20, 21 et 22 de ce mois, le premier Colloque international intitulé «Massinissa : au cœur de la consécration d’un premier Etat numide», tel que décidé par le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA). Pour le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, après 19 ans d’existence, il est temps pour cet organisme, fondé en 1995, de généraliser son activité dans toutes les wilayas du pays.

«Constantine a son substrat amazigh, le choix est justifié, on a cette mission noble d’élargir le tamazight et de traduire la dimension nationale qui est dans la Constitution, tamazight est une langue nationale. Cette traduction se reflète par des activités, par des actions sur terrain, c’est un engagement inscrit dans la stratégie, dans le plan de charge du HCA. Constantine, jusque-là, n’a pas bénéficié d’événement organisé par l’institution, cependant, le HCA a annoncé une nouvelle vision à partir de cette année, c’est-à-dire à présent, le HCA est renforcé par une équipe pluridisciplinaire d’universitaires qui aborderont désormais toutes les questions spécifiques à des régions, dont le Constantinois. Et bien sûr, on annonce cette perspective que tamazight est possible et doit être présent dans toutes les wilayas», a-t-il déclaré dans un entretien accordé à El Watan.

Et d’ajouter : «L’Algérien doit accepter cette diversité, l’Algérie est plurielle ; il y a les langues arabe et   amazighe et l’algérianité rassemble ces deux faces ; nous sommes sur cette voie pour donner la possibilité à des non-amazighophones d’étudier le tamazight.» La restitution de l’identité algérienne dans ses deux faces implique un dévouement potentiel, en ce sens, nous saurons que le patrimoine amazigh dans sa variété : la production littéraire, scientifique, journaliste, sera revalorisé grâce au HCA, dans le cadre de laboratoires scientifiques. L’écriture de la langue amazighe est un volet important dans la revalorisation de l’identité kabyle. Cette revalorisation est qualifiée par le secrétaire général de «chantier ouvert, dont la société civile, le mouvement associatif, le HCA et les instances de l’Etat sont appelés à y adhérer».

Concernant le caractère à adopter pour l’écriture de la langue berbère, le débat est toujours d’actualité. Pour le représentant du HCA, la polygraphie est une solution provisoire permettant la continuité des pratiques linguistiques et aussi l’émergence de la culture berbère. Le colloque est une opportunité pour le lancement d’une action concrète du HCA. Ce dernier compte instaurer l’apprentissage de la langue amazighe dans les écoles de Constantine. En effet, le premier cours modèle incitatif sera donné aujourd’hui (dimanche) à partir d’un collège se trouvant à El Khroub.

«L’engagement de la ministre de l’Education nationale pour faciliter cette démarche du HCA est là, le ministère est partie prenante pour l’enseignement de la langue berbère dans de nouvelles régions du pays.» La capitale numide se prépare pour devenir, dans quelques mois, capitale de la culture arabe 2015, Constantine sera-t-elle un jour capitale de la culture amazighe ? Une question que nous avons posée au secrétaire général du HCA. «L’amazighité n’est pas exclue du programme de la manifestation qui se prépare, on ne peut pas gommer l’empreinte amazighe ; la toponymie et la population qui parle amazigh nous interpellent», a-t-il répondu.

Il conclut en affirmant : «La volonté politique est là, l’amazighité est un facteur de cohésion, elle est une valeur ajoutée à l’unité nationale. L’organisation d’un événement propre à l’amazighité est un vœu du HCA, parce que l’amazighité doit être davantage réhabilitée. Mais, un tel événement implique un soutien exceptionnel ; il faudra des moyens exceptionnels pour un événement majeur qui mérite d’être célébré en Algérie.»

Le HCA passe à un autre cap

A près 19 ans d’existence, le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) passe à une autre stratégie celle de généraliser son activité dans toutes les wilayas du pays. En choisissant la wilaya de Constantine, et particulièrement la ville d’El Khroub, pour organiser le Colloque international sur Massinissa, le HCA semble avoir mis en place un véritable plan d’action pour les prochaines années.

«Constantine a son substrat amazigh, le choix est justifié. Nous avons cette mission noble d’élargir tamazight et de traduire la dimension nationale qui est dans la Constitution : tamazight est langue nationale. Cette traduction se reflète par des activités, des actions sur terrain, c’est un engagement inscrit dans le plan de charge du HCA», a déclaré à El Watan Si El Hachemi Assad, secrétaire général du HCA, en marge du Colloque international sur Massinissa tenu du 20 au 22 septembre à la maison de la culture M’hammed Yazid d’El Khroub, avec la participation d’historiens venus de plusieurs pays.

«Constantine n’a pas bénéficié jusque-là d’événement organisé par l’institution, mais à partir de cette année, le HCA a annoncé une nouvelle vision, depuis qu’il est renforcé par une équipe pluridisciplinaire d’universitaires qui aborderont toutes les questions spécifiques aux régions, dont le Constantinois. Et, bien sûr, on annonce cette perspective que tamazight est possible et doit être présent dans toutes les wilayas», a-t-il noté. Concernant le caractère à adapter pour l’écriture de la langue berbère, le débat est toujours d’actualité. Pour le représentant du HCA, la polygraphie est une solution provisoire permettant la continuité des pratiques linguistiques et aussi l’émergence de la culture berbère.

Le colloque est une opportunité pour le lancement d’une action concrète du HCA, qui compte instaurer l’apprentissage de la langue amazighe dans les écoles de Constantine. En effet, le premier cours modèle incitatif a été donné hier à partir d’un collège à El Khroub. «L’engagement de la ministre de l’Education pour faciliter cette démarche du HCA est là, le ministère est partie prenante pour l’enseignement de la langue berbère dans de nouvelles régions du pays», a conclu Si El Hachemi Assad. (O. -S. M.)

O. -S. Merrouche

Source: El Watan

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