Canicule à Tizi-Ouzou

soleil tizi ouzouVoyage à travers les villages bouillonnants de la wilaya de Tizi-Ouzou à la recherche d’un bol d’air frais. Reportage.

Tizi-Ouzou, la capitale de la Kabylie, se réveille sous un soleil de plomb. Nous sommes le vendredi 8 Août. A 8 H du matin, les principales artères de la ville sont animées par un va-et-vient de véhicules. Peu de commerces ont fermé rideaux en cette première journée de week-end. Un week-end qui s’annonce caniculaire et chaud bouillant. De petits groupes de jeunes, munis de sacs à dos empruntent le boulevard Lamali, où nous nous sommes attablé sous la devanture d’une cafétéria. Les transports en commun assurent leur service comme toutes les autres journées de la semaine. “C’est, en fait, juste la matinée. Car en début d’après-midi, très peu de magasins restent encore ouverts. Les rues se vident, et rares sont les personnes qui s’aventurent dehors, sous une chaleur pareille”, souligne Farid, un journaliste correspondant de Tizi Ouzou.

Les habitants du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou fuient cette ville en ces temps de canicule à la moindre occasion qui se présente. Les villages situés en haute montagne, ou les magnifiques plages des villes côtières d’Azeffoun et Tigzirt, constituent les destinations favorites des habitants de Tizi Ouzou. Le manque de centres de distractions et de loisirs pour les vacanciers dans la ville des genêts pousse ses habitants à chercher leur bonheur ailleurs.

L’été est aussi la saison par excellence des fêtes en tout genre en Kabylie profonde. La fête du bijou à Ath Yenni, le festival Raconte-Art à Agoussim, la fête du miel à Bouzegène, et autres différentes animations dans les quatre coins de la wilaya de Tizi-Ouzou. Direction le massif forestier de Yakourène, un magnifique endroit destiné à être un haut lieu de tourisme, mais complètement délaissé par l’Etat. Pour se faire, nous prenons le bus pour rejoindre la ville d’Azazga, située à 37 km au nord-est du chef lieu de wilaya. C’est le deuxième centre urbain de la wilaya, après le chef-lieu de wilaya, avec plus de 40.000 habitants, réputé pour être paisible. Le bus démarre au bout de dix minutes d’attente, avec à son bord, une cinquantaine de voyageurs. Climatisation et belle musique kabyle en prime. On sent déjà comme un brin de sérénité, un sentiment qu’inspire la vie sur les hautes montagnes kabyles. Nous partageons le voyage avec Halim, un jeune algérois de 18 ans. Il est en route pour rejoindre sa famille à Yakourène, sa ville d’origine, raconte-t-il. Comme la majorité des familles algéroises, qui tiennent leur racine de cette région, Halim et les siens viennent passer leurs vacances en Kabylie. “Ce n’est pas facile de résister à l’appel des figues, des figues de barbarie, et des raisins”, sourit Lounès, un autre Algérois, la quarantaine bien entamée, assis à nos côtés. Ce voyage en bus, Lounès le connaît bien. Il l’emprunte ces chemins les montagnes kabyles chaque week-end pour rentrer dans son village natal, situé à Bouzguène. Un cour séjour durant lequel ce fonctionnaire dans une société nationale, qui a développé une passion pour le jardinage, bichonne les arbres fruitiers qu’il a lui-même plantés.

Petit dos-d’âne, grand embouteillage

Malgré tous les signes qui augurent d’un voyage agréable, nous n’avons pas pu échapper aux mauvaises surprises. Au bout d’un peu plus de vingt minutes de route, un embouteillage qui s’étend sur une distance d’environ trois kilomètres se dessine devant le bus. Nous sommes bloqués au lieu-dit “Centre commercial”, dans la commune de Tizi Rached. La route nationale numéro 12 est étroite, et le flux routier qui traverse cette route est énorme. Le chantier de dédoublement de cette route, entamé depuis plus de deux ans s’éternise. Le bus qui nous a emmené est resté coincé, durant plus de 40 minutes, au milieu de ce bouchon. Au bout d’un petit virage, à Taboukert, se voit enfin la fin de cette longue file de véhicules arrêts en pleine voie. L’origine de la formation de cet embouteillage, qui fait perdre une heure de temps aux milliers d’automobilistes qui empruntent cette route, a laissé pantois tous les voyageurs. Et pour cause, c’est, en fait, un grand dos-d’âne installé devant une école primaire au lieu-dit “Taboukert” qui engendre cette queue de voitures. Passé ce cap, le chauffeur du bus peut enfin enchaîner les vitesses, et vingt minutes plus tard, nous arrivons dans la ville d’Azazga.

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